TP3 EN MAURITANIE
mars 2003

1ère Partie

Janvier 1976 - je débarque à Nouakchott avec ma valise ... en carton.
Décembre 1976 - je quitte Nouakchott , la valise est la même mais pas le bonhomme.

Entre ... rien ou presque ...

Aout 2002 - l'équipe de 4x4 Hors Frontière débarque sur le port de Sète: " nous avons 4 m3 de matériel humanitaire au Maroc qui doivent être acheminés en Mauritanie, ton TP3 ferait l'affaire".
Février 2003 - les 2 TP3 - celui de Patrick PETIT et le mien - sont prêts ainsi qu'un Land Rover 110, les réservations maritimes expirent dans 2 jours; 4x4 Hors Frontière: "Opération annulée - problèmes douaniers non résolus".

Nous sommes prêts, le TP3 aussi ( voir page technique) , et décidons de partir quand même, en touristes !

VOIR NOTRE PARCOURS dans une autre fenêtre.

 

03.03.03 - Temps gris sur le port de Sète, Nous n’avons rien oublié sauf le chapeau de Marie-Odile que nous amène notre fils Guilhem quelques minutes avant l'embarquement. Nous rejoignons le groupe de l'ONG GLOBE avec lequel nous allons effectuer la partie descendante du voyage: Claude et Andrée BOURREL + Jean-Pierre et Malou JOSSERAND + Georges et Solange BOURREAU équipés de 3 Toyota KZJ95.

04.03.03 -Mer Calme

05.03.03- Arrivée à Tanger: formalité d'entrée au Maroc puis direction Marrakech par la route puis l'autoroute . Au niveau de Casablanca, un bruit sourd dans le pont avant; le pont avant est engagé alors que le crabotage n'est pas actif: démontage difficile de la boite de crabotage, l'axe secondaire est grippé sur la sortie du transfert. Explication: ces deux pièces tournent très peu l'une par rapport à l'autre sauf lorsque le pont avant est en moyeux roues libres; dans ce cas il ne tourne pas alors que la sortie de transfert tourne à la vitesse du pont arrière. Après un réalésage à la toile abrasive et la suppression des roues libres tout rentre dans l'ordre . Arrivée au camping de MRK vers minuit.

06.03.03 - la plus longue étape du voyage - 632 Km - nous amène au sud de Tantan en un lieu connu des camping-carristes pour le bivouac. Juste avant 3 stations services proposent un gazole détaxé à 0.272 Euros le litre, miam!

07.03.03 - Quelques kilomètres avant Layoune, Claude choisit une piste passant sur la plage permettant d'éviter Layoune.

DSCF0005.JPG (763008 octets) repas au bord de l'océan à proximité d'un cargo échoué.

. Ensuite un piste sablonneuse vers le sud : les Toyota s'envolent, forts de leurs 125 CV pour 2 tonnes seulement, notre TP3 tente de suivre mais la température monte: arrêt puis laisser refroidir et dégonfler les pneus à 2.5 Kg; ça va mieux d'autant plus que nous prenons une piste plus dure. Vers la fin de ce "raccourcis" un passage de dune un peu piégeux nous rassure sur les possibilités du TP3.

08.03.03 - La route est droite et monotone avec un vent violent latéral; la vitesse de croisière est de 80 km/h avec les ponts courts 7/44 et les roues de 10.5x20. Mais progressivement la vitesse baisse: 70 puis 60 km/h: ça ressemble à un filtre à gazole colmaté! Je le change aux environs de Dakhla et la puissance revient à la normale. A l'arrivée à l'oued en forme de canyon prévu pour le bivouac un grondement sourd du pont avant se manifeste de nouveau: cette fois la boite de crabotage est bien libre mais je découvre que l'écrou maintenant l'arbre d'attaque du pont avant est complètement desserré; je le resserre et le bloque à la Loctite. NB: les ponts avant et arrière sont neufs!

09.03.03 - Quelques km après le départ l'alternateur se met en grève: la forte température et la force centrifuge ont eu raison de la soudure entre le collecteur et le rotor; une fois ressoudé à l'étain tout rentre dans l'ordre. Enfin nous arrivons au poste frontière marocain de Fort Guerguerat: les formalités se passent avec sourire et bonne humeur tout comme les multiples contrôles de police ou de gendarmerie que nous avons rencontrés. La position de la France dans la crise Irakienne nous donne un statut privilègié; pour faciliter le passage nous avons prévu des fiches contenant tous les renseignements requis lors de ces contrôles. Dans le no man's land entre les postes marocains et mauritaniens il est impératif de rester sur la piste - complètement trouée de partout - car la zone est minée. Passée les postes mauritaniens on doit emprunter une affreuse route goudronnée au temps de l'occupation espagnole et la quitter pour rejoindre la voie ferrée du train Zouerat-Nouadhibou ; mais la nuit tombe et nous manquons la piste; en fait il y a des pistes partout! deux toys prennent la bonne piste tandis que le 3ème toy et nous restons sur la route espagnole qui, dans un premier temps se rapproche de Nouadhibou, puis le dépasse et s'en éloigne. La nuit est tombée. Nous faisons demi-tour pour essayer de trouver la bonne piste quand les véhicules passés du bon côté nous localisent et nous demandent de couper tout droit hors piste pour les rejoindre; ce que nous faisons et nous retrouvons du bon côté de la voie ferrée. Seul détail: la zone que nous venons de traverser cache encore quelques mines - un véhicule y a sauté il y a deux mois. Sans commentaire. A Nouadhibou nous sommes accueillis à l'auberge de Mohamed Artouro où , après un bon couscous, nous effectuons les opérations de change - il y a de meilleurs taux ailleurs - d'assurance et de taxe pour le passage dans le parc du Banc d'Arguin.

10.03.03 Après Nouadhibou la piste serpente entre des dunes mais ne présente pas de difficulté . Le thermomètre de bord annonce quand même 37ºC à l'extérieur et 45°C dans la cabine: lors des passages difficiles j'actionne le chauffage car le radiateur principal et le radiateur accessoire sont insuffisants. La fraîcheur océanique n'arrivera qu'après le coucher du soleil.

DSCF0013.JPG (768499 octets) DSCF0014.JPG (774235 octets)

11.03.03 Mauvaise journée pour les mécaniques: L'alternateur se remet au repos et de nouveau le moteur du TP3 perd de la puissance au moment où il en a le plus besoin: dans le sable mou. Sorti du plantage, je change les deux filtres à gazole mais cette fois sans effet; nettoyage du pré-filtre de la pompe à gazole, soufflage de la tubulure puis purge du circuit jusqu'aux injecteurs et enfin tout se remet en route. Par chance le TP3 passe sans difficulté les dunes de l'Azzefal.

DSCF0020.JPG (708941 octets) Vous ne le voyez pas? Forcement, il vient de passer !

 

Sur le bord de la piste nous rencontrons des mauritaniens essayant de réparer une Mercedes dont un bielle à rendu l'ame; comme ils sont à court d’eau et de nourriture nous leurs laissons de l'eau et des boites de conserve. Quelques kilomètres plus loin panne brutale et totale du Toyota de Jean-Pierre; on change quand même le filtre à gazole mais pas moyen de réamorcer: il semble qu'une électrovanne empêche l'arrivée du carburant à la pompe d'injection. Des mauritaniens s'arrêtent et nous disent que les gens à qui nous avons laissé de l'eau ont un mécanicien avec eux ; nous allons le chercher. Son diagnostic: le boîtier électronique HS ne commande plus l'électrovanne. Il amorce le filtre à gazole en aspirant goulûment cet excellent liquide dans sa bouche puis tire un fil positif et un négatif vers l'électrovanne: le moteur démarre avec des claquements atroces; en enlevant le fil négatif tout s'arrange. Le mécano des sables accepte un paquet de cigarettes mais refuse tout paiement et revient aux bielles de sa Mercedes. (pour finir l'histoire: JP trouvera un boîtier électronique neuf dans garage-bouiboui-infame de Nouakchott pour un tarif correct).

12.03.03 Nous arrivons à Nouamghar pour passer sur la plage mais la marée n’est pas au rendez-vous .

DSCF0022.jpg (117028 octets)

Nous essayons de trouver une piste intérieure mais le sable est très mou , ça sent la galère et nous revenons vers la plage et sa fraîcheur; la marée basse sera pour demain matin. Ce jour-là le coefficient de marée est très faible ; de plus la marée se déplace du sud au nord, ce qui fait que lorsqu'elle est basse à l'endroit où nous nous trouvons , elle commence à remonter plus au sud.

13.03.03 Au petit matin la marée est assez basse pour laisser le passage au TP3: un moment de bonheur; les vagues qui déferlent à droite, les roues de 20 pouces s'en moquent; les oiseaux qui décollent à notre approche; parfois des éperons rocheux avançant en mer sont à contourner par l'intérieur.

plage2.jpg (12745 octets)

Ce bonheur est de courte durée: à Tioulit la marée remonte déjà, nous devons  quitter la plage pour la piste intérieure qui nous conduit à Nouakchott .

14.03.03 NOUAKCHOTT : près de 2900 km parcourus depuis Tanger en 8 jours; 2 jours de repos après une bonne douche, un peu de mécanique: inutile de ressouder le fil erratique de l'alternateur; par chance c'est le fil extérieur de la bobine du rotor, je déroule une spire et la sertie serrée sur sa patte de connexion. Je fais couper un montant de carrosserie qui entamait les pneus arrières. Depuis 1976 la ville a grandi, elle est plus animée et plus vivante avec son marché haut en couleurs.

15.03.03 - Encore une journée à flâner au marché ou sur la plage au milieu des pirogues des pêcheurs.

DSCF0032.JPG (315872 octets)

 

SUITE DU VOYAGE