logotp3.jpg (5320 octets) Cette page est une publication exclusive du site www.intertp3.fr.st   intertp3.gif (1238 octets)

Au BURKINA FASO

Ah ! Les éléphants, c'est qu'il faut les mériter. Il ne suffit pas d'arriver la bouche en cœur au campement de Kaicedra et de payer le parc et le guide pour tomber dessus. Et non ! Les éléphants, à ma grande surprise sont des animaux très silencieux et rôdés à l'art du camouflage. Nous avons marché plus de deux heures le matin, conduits par Abdoulaï, 40 ans, musulman, père de 4 enfants dont une petite fille de 4 ans décédée brutalement il y a quelques semaines du palu. Il est guide en plus d'être cultivateur car en tant que chef de famille (enfants, femme, parents, frères, soeurs, neveux et nièces) un seul métier ne suffit pas. Les Africains se retrouvent souvent soutien de famille très élargie. Ils doivent nourrir les « vieux » comme ils disent qui sont trop âgés pour aller aux champs, une femme ou 2, voire 3 avec les enfants nombreux qui en découlent. Si les frères sont mariés avec des enfants et qu'ils cultivent aussi mais n'ont pas les moyens ou la possibilité intellectuelle d'avoir un second métier, ils se retrouvent aussi à charge. Dans les villages, il n'est pas rare de rencontrer des jeunes hommes d'environ 40 ans chargés de nourrir une vingtaine de personnes. Donc les plus malins ont 2 ou 3 métiers.

Pour en revenir aux grands pachydermes, après notre randonnée très ensoleillée, nous n'avions vu que des énormes crottes vieilles de 2 ou 3 jours et beaucoup de traces gigantesques et profondes mais c'est tout. Nous revenons au campement un peu dépites et, malgré les 5 litres d'eau bus en deux heures, totalement assoiffés. Nous nous arrêtons donc au bar en bois installé près du fleuve - qui est un point de vue quand par chance les éléphants viennent y boire ou s'y baigner - et commandons coca et compagnie. L'après-midi, re belote deux heures de ballade vers 16 heures et toujours rien. Vaguement, une oreille et une trompe à 300 mètres et avec les jumelles ! En revanche, du crottin frais. Il y en a donc qui passe pas si loin de nous mais nous ne les voyons pas. Le terrain est une savane très sèche avec parfois des arbres d'une dizaine de mètres et des hautes herbes jaunes comme on se les représente en Afrique. Il y la rivière qui coupe en
deux cette étendue de plusieurs hectares avec juste sur une rive le campement de Kaiceidra. Celui-ci appartenait à Guy Sauveur, ex champion de karaté qui a laissé le lieu à l'abandon avec seuls 3 ou 4 locaux qui le gèrent tant bien que mal. Un petit bar, une grande terrasse en bois sur pilotis, 6 ou 8 bungalows et une vieille jeep pour les touristes qui refusent de marcher. L'endroit est agréable mais en voie de délabrement.

11Ballade sur le tuyau Domes Banfora, Burkina Faso 060.jpg (55047 octets) 11Brousse, Aiguilles de Sindou, Burkina Faso.jpg (92680 octets)

Sur le fleuve, quelques pêcheurs en pirogue passent comme des fantômes, sans un bruit. Ils relèvent des filets qui relient les deux rives et auxquels se suspendent chaque 10 cm une petite ficelle avec un hameçon au bout. Si bien que quand les poissons remontent le faible courant, ils se prennent dans les hameçons qui frôlent le fond du lit.

Nous sommes attablés, jouant au scrabble, juste avant d'aller dîner dans le Tipee, quand arrive un couple de belges. Ils sont tout à fait amusant. Ils sont à la retraite et circulent dans un Iveco 4 x 4 super amenage. Lui, vêtu d'une chemise type coloniale et d'un pantalon kaki à multiples poches a les cheveux gris et un fort accent flamand. Il s'exprime dans un français impeccable et applique. Il choisit ses mots au plus juste et nous raconte leur projet : voyager de Belgique jusqu'à Cape Town en Afrique du Sud, puis remonter par la cote est et rejoindre l'Europe par la Jordanie via la Turquie en Ferry. Ils se donnent trois ans. Madame ne ,parle pas français mais semble le comprendre. Après avoir négocie très fair play leur place de campement, avec le responsable du lieu, ils prennent un « drink » bien frappe qui sort directement de leur frigo. Ils nous racontent une anecdote d'éléphant et quelques souvenirs de leur dernier voyage. Il y a dix ans, ils étaient partis tous les deux pendant deux ans et avaient relié l'Alaska et la Terre de Feu.Nous nous levons le lendemain et faisons quelques travaux d'ecole. Nous n'avons pas imposé la rédaction sur les éléphants car elle aurait été un peu vide de rebondissements. Dans la matinée, une bande de cinq missionnaires témoins de Jehoval débarque puis repart aussitôt faute de pachyderme. Puis un couple de jeunes coopérants français s'amène et c'est lui qui aura le plus de chance. A peine, revient-il de sa balade guidée que huit éléphants surgissent de la rive d'en face et traversent, admirables, le fleuve ; un petit, un mâle énorme et des femelles de taille raisonnable. On est venu nous chercher dans le Mamasso, nous accourons. Ils sont loin, à quelques 60 mètres, mais nous les voyons très bien de la terrasse en bois. Ils sont moins visibles que dans un zoo, mais ils sont chez eux et en plus on les attend maintenant depuis plusieurs jours. Quelques photos, un coup de jumelles et ils ont déjà disparus. Nous parlons un peu avec les jeunes français. Lui a travaillé comme urbaniste dans une ONG à Nouakchott, il connaît bien Elsa du CCF et Marc, le gars au TP3 que nous avions rencontré au Cap Blanc. Ils nous donnent le numéro de téléphone d'une connaissance qui bosse pour une société de fret maritime et qui pourra nous renseigner une fois en Mauritanie pour peut-être rejoindre les Canaries en bateau de Nouadhibou. C'est une idée qui germe depuis quelques semaines car la perspective de retraverser le désert nous dessèche d'avance. A suivre.

Nous nous apprêtons à quitter Kaicedra pour Boromo. Au campement, par hasard, je demande à Abdoulaï s'il connaît le sculpteur sur bois Konaté Bomavé. Je lui explique que c'est mon beau-frère Philippe qui est venu à Boromo il y a deux ans avec sa fille qui nous a conseille d'aller lui rendre visite. « Philippe ? » interloque, il crie presque. « C'est le frère de Philippe ? », « Je le connais très bien, il est venu ici avec sa fille, très blonde, et il faisait des jeux tout le temps ». « Non, il n'a pas marche pour chercher les éléphants.» .« Sa fille s'est baignée dans le fleuve », à cette phrase, nous sommes pour le moins admiratifs, car nous ne nous
baignons jamais dans aucune eau boueuse ou stagnante comme celle-ci. Rapidement, Abdoulaï met au courant les autres guides présents et téléphone même avec son portable a quelqu'un qui nous conduira chez le sculpteur. Philippe a apparemment laisse une bonne impression.
11Eglise masque, Bani, Burkina Faso.jpg (46775 octets)
Nous quittons Boromo, le sculpteur et ses masques traditionnels magnifiques pour Boni. Là, nous visitons une église dont la façade est une immense représentation de ces fameux masques. On entre dans l'église par la bouche du totem. Un christ fait d'une mosaïque de morceaux de terre cuite est assez
joli et sur les bancs en béton, demi-circulaires, traînent quelques tamtams qui doivent animer les cérémonies. Un autre sculpteur vit ici. C'est aussi le chef du village. Il est déjà venu en France, à Clermont-Ferrand exactement, pour un festival de masques, exposer les siens. Plume lui en achète deux. Nous nous dirigeons vers la Mare aux Hippopotames. Bien sûr, comme nous souhaitons arriver par une route peu fréquentée, nous décidons de la joindre par le nord et non par le sud comme l'indique le guide. Nous rejoignons une piste rouge après le goudron de Boromo, puis avec l'aide d'un gars à bicyclette, nous quittons la bonne
piste pour piquer à l'Ouest sur une autre piste horriblement mauvaise en direction de Bossora. Nous traversons ces 25 kilos (comme on dit ici) en 3 jours.

Nous dormons d'abord en brousse, puis le matin, nous nous arrêtons dans un village afin de faire un petit reportage sur la culture du coton. Nous sommes en pleine région cotonnière depuis plusieurs km. Descendus du camion, chapeaux de paille sur la tête, nous nous dirigeons vers un champ ou deux gars plies en deux récoltent. Nous leur expliquons notre intérêt pour leur travail : « Il n'y a pas de culture de coton chez nous et les enfants souhaiteraient expliquer tout cela dans leur école ». « Pouvons-nous les accompagner dans leur cueillette ? » Évidemment, ils sont ravis et rient très fort car le coton est pour eux d'un intérêt médiocre, surtout quand on apprend qu'il leur est payé 175 F CFA le kilo !!!

Nous cueillons, parlons, décortiquons les fleurs, découvrons même la petite chenille noire, seul prédateur du coton qui s'infiltre dans la fleur, la mange et empêche la cellulose de se former. Ensuite, les deux cultivateurs qui bien sûr ont été rejoints entre temps par une dizaine d'autres et autant d'enfants nous proposent d'aller voir les vieilles femmes du village qui tissent les quelques kilos de coton qu'ils gardent pour eux. Une ancêtre est assise par terre, à l'entrée de sa case, elle file, une quenouille dans la main droite et le coton brut dans l'autre. Le coton a attendu plusieurs jours avant d'être travaille. La quenouille tourne à toute allure comme une toupie. Parfois la femme trempe ses doigts dans de la cendre et continue inlassablement à transformer le coton en fil prêt à être tisse. Les enfants sont éblouis par la dextérité des vieilles mains ridées. Je la prend en photo à la demande expresse des plus jeunes et lui montre son image dans l'écran numérique. Elle est épatée et rit du peu de dents qui lui reste. Les villageois veulent tous voir la vieille dans l'appareil et je disparais bientôt derrière une nuée de têtes et dans un brouhaha de « ha ! » extasies.Nous les quittons chaleureusement et Steph donne au plus causant un masque dont il se sert habituellement pour la mécanique afin que le jeune puisse se protéger de la poussière de fibres que dégage le coton et des pesticides employés.

Plus loin, nous installons le Tipee pour le repas et nous roulons de nouveau un peu. Nous nous arrêtons finalement au petit village de Basse. Un homme
d'une trentaine d'Anne, s'etait arrête avec son vélo nous voir quelques kilos avant, il nous avait demande de passer le voir chez lui, à Bassé. Nous interrogeons : « Sidiki », « Ou habite Sidiki ? » Nous n'avons que le prénom. On nous dit de nous adresser au prochain groupe de cases près du marche au délègue du quartier. On envoie un gamin le chercher aux champs. Nous patientons entoures d'une quarantaine d'enfants plus ou moins effarouches. Comme ils disent ici : « les toubabs passent parfois mais ne s'arrêtent pas ». En même temps que le délègue arrive, nous reconnaissons Sidiki. Ce dernier nous dit qu'il veut nous accompagner à une mare où on verra des hippos. Ce n'est pas celle qui se trouve dans le guide. Il se fend de quatre Coca que nous sirotons à l'ombre d'une paillotes. Sidiki et le délègue palabrent ensemble un bon quart d'heure : l'avis du chef est indispensable. Sidiki approuve d'un « humm » à chaque phrase de l'ancien. Cela finit par faire un bruit de fond ronronnant qui me berce. Nous sommes assis sur un banc en bois, le dos colle à un cabanon, Sidiki et l'autre sont
sur notre gauche et devant nous à 20 centimètres des dizaines d'enfants sont agglutines et nous dévisagent en silence. Le soleil cogne sur l'auvent en
paille et la poussière tourne tout autour.Les palabres finissent enfin et Sidiki nous annonce que le délègué lui a dit de nous emmener à la mare aux hippopotames. Je suis un peu interloquée ; tout ce temps à papoter pour en arriver à la première décision de Sidiki. Mais il fallait que cela soit validé par le vieux.

Sidiki part tout d'un coup et revient, brandissant un coq par les pattes. « Tenez, c'est un cadeau pour vous ». Nous sommes très honores mais bien sûr, nous ne savons qu'en faire. Nous lui proposons de tuer sur place, de le cuisiner dans le camion et qu'il partage le repas avec nous. Il répond : « Bon, en tout cas, c'est un cadeau pour vous, y'a pas de problème ». Il nous emmène derrière un dédale de cases et nous prie de nous asseoir près d'une femme qui mijote dans trois grosses cuves du riz gras, du poulet sauce et des spaghettis à la tomate. Cette femme fait la nourriture pour tous les enfants du village dont les parents partent la journée entière aux champs. Moyennant une centaine de francs CFA l'assiette, les petits sont nourris.

Sidiki part avec coq et un couteau bien aiguise derrière une case et revient brandissant l'oiseau égorge et plumé. Un petit feu est là, attendant sans doute la prochaine marmite de la mama, et notre ami y grille le poulet afin de brûler les dernières plumes.Nous nous chargeons de la suite dans le Tipee et vers 14h30, nous dégustons avec Sidiki le poulet aux oignons-citron avec une plâtrasse de riz parfume. Un copain de Sidiki se pointe et lui demande une partie de son assiette, ils se partagent le reste.

Âpres ce festin, Sidiki nous emmène en brousse et un ami à lui, Maddi, nous rejoint en vélo. En guise d'hippos, nous ne verrons que leur trace dans la boue, sur la rive et des pêcheurs en pirogue. En revanche, sur le retour après cette ballade de deux heures, au moment où le jour tombe, 5 ou 6 singes, sortis de nulle part, bondissent dans les hautes herbes jaunes de la savane. Nous les avions pris pour des gazelles au premier coup d'oeil. Nous leur emboîtons le pas en courant comme des dératés et difficilement à cause de nos tongs en plastique. Mais ils ont déjà atteint de grands arbres sur l'autre rive du marigot et nous narguent de loin.

Je prépare une verveine que nous buvons près du Tipee, assis dans l'herbe sèche. Puis Maddi reprend son vélo et le petit porte-monnaie que Safran, lui a troque contre un lance-pierres et nous ramenons Sidiki au village, avec le Tipee. Arrivés là, nous saluons sa femme, ses jumeaux et sa grande fille de 10 ans et distribuons quelques livres français d'histoires enfantines car la soeur de Sidiki lit bien. Elle est allée jusqu'en 6ème. Son large sourire devant les bouquins fait chaud au cour. Au moment de remonter dans le camion, le paternel de Sidiki arrive dans la nuit brandissant une poule blanche. « Un cadeau pour vous ». Décidément, cette fois il n'y a pas d'autre alternative que de l'embarquer. « Comment dit-on poule en moré ? » « Nwagua ». Ca y est, elle est baptisée. Les enfants sont aux anges et projettent déjà de manger des œufs coques dès demain matin. On met Nwagua dans la bassine de la vaisselle et roule ma poule !
Il fait déjà nuit et nous installons le campement quelques kms plus loin. Plume et Safran font un lien en chiffon et attachent la poule à une patte. Puis ils prennent une grande ficelle de 3 mètres environ et relie la poule à un arbuste. Elle dormira là sur une branche.

Nous sommes donc maintenant 5 à bord. La poulette est complètement flippée par les soubresauts du 4 x 4 et halète le bec ouvert. Plume la tient tout le trajet et lui donne quelques épluchures et pois chiches ronges par les charançons. Dès qu'on s'arrête, la poule sort en laisse et retrouve la nature. C'est pas demain la veille qu'elle nous donnera des œufs, trop de stress !
11Poule sur arbre, Bobo Dioulasso, Noel, Burkina Faso.jpg (72700 octets)
Quatre jours plus tard, en roulant sur la piste terrible de Bobo Dioulasso, Nwagua pensant le moment venu de s'échappe, s'est évade du seau où Plume la
gardait et s'est mise à voler à tire d'ailes en direction de Stéphane qui avec le bruit, s'est retourné et a vu Nwagua lui foncer dessus. Plume, heureusement, tenait encore la ficelle et la poule, dans le cou du chauffeur, faisait du sur place en caquetant à tue tête. Plume riait tellement, qu'elle n'avait pas réussi à nous appeler et les larmes lui coulaient sur les joues. Safran, Stéphane et moi, à l'avant, eurent un bon   coup au cœur mais il n'y eu pas heureusement de sortie de piste...

 

 

 

BOBO DIOULASSO

11Piscine Centre Sportif, Bobo Dioulasso, B.png (1397226 octets)

C’est une ville agréable très ombragée par de grands arbres le long de chaque avenue. Grâce à un club sportif en plein centre nous y avons fait une cure de remise en forme : piscine en plein air, tennis, ping-pong et squash. Le tout à gogo car les locaux et les expats n’y viennent que tard le soir ou le dimanche. Garés juste derriere le mur d’enceinte, nous y etions des l’ouverture à 8hoo. Nous y restions jusqu’à environ midi apres avoir plonge, tape la balle et fait les devoirs à l’ombre de la paillotte. Nous y retournions vers 17h00 et quittions le petit paradis vers 20h00. Nous y avons rencontre Laurence (française de Tournus) et Karim son mari burkinabé avec la nationalité française en plus et leurs deux enfants Aminatta et Samande. C’est avec eux que nous avons fête Noel le 24 et nous avons egalement passe le 26 decembre toute la journee sur un terrain qu’ils ont à 10kms de Bobo. C’est une ancienne carriere rebouchee avec une vue à perte d’horizon en direction de Koro et Ouagadougou. Karim qui a pour l’instant une entreprise de camionnage souhaite y faire un campement touristique avec treck et VTT. Il a des poules et des bœufs et des cultures de mil. Ils nous invitent à fêter le réveillon du 31 dans leur " ferme " mais nous serons déjà partis. A Bobo, nous avons rencontre pas mal de gens. Des toubabs qui vivent là dans divers projets : orphelinat, ONG de developpement agricole, culturel, gestion de la grande librairie de la ville, éducateur dans un CER (Centre Educatif de Réinsertion ou une poignée de jeunes délinquants français choisissent l’immersion en pleine brousse pendant 4 mois au lieu de faire un séjour dans nos prisons françaises). Le but de cette structure est de créer un choc culturel avec une remise en question d’eux-mêmes et de leurs agissements. Nous rencontrons aussi un couple de touristes hollandais qui roulent pour l’Afrique du Sud, un couple de jeunes français de Moulins ici pour deux mois, un toulousain à la retraite, curieux de connaître la vie africaine de son fils éducateur travaillant au CER depuis plusieurs années.

C’est la ville où nous avons fait les boutiques de souvenirs à n’en plus finir, cadeaux de Noel obligent. Negociation forcenee pour toute la famille, les enfants en tete. En plus d’un plein de muscles, nous y avons fait le plein de vitamines, car la saison des fruits a bien demarre : ananas, papayes, bananes, mangues, pamplemousses, avocats enormes.

Un soir dans le vieux quartier, sur une information des hollandais, nous avons assiste à une fête de funerailles d’un ancien. C’est donc une fête traditionnelle où les blancs de peuvent assister qu’à la premiere partie. Il s’agit d’un foutoir organise dans la rue, dans un tourbillon de poussiere, au milieu des rires et des interjections de toute part ; car chacun se mêle de tout et donne son avis sur l’endroit où tel habitant devrait s’asseoir ou sur l’espace à respecter pour que les danseurs s’executent. Une vendeuse d’oranges magnifique fait sa meilleure vente du mois, à 25 F CFA l’orange pelee. Les gamins plus ou moins nus, serres dans les boubous ou le cul à terre piaillent en tout sens et ecarquillent leurs yeux immenses sur l’evenement qui se prepare. Les femmes se melangent, mamas bien en chair ou maigrelettes, habit traditionnel ou tenue mode branchee. Les hommes surexcites, tous muscles luisants et bandes se disputent les premiers rangs pour participer aux acrobaties des artistes. Les vieux, à qui on alloue un banc, se tirent la barbiche blanche et attendent que chaque danseur passe s’asseoir quelques secondes sur leurs genoux avant de s’elancer dans le cercle : porte-bonheur ou salut respectueux ?

Participent là une dizaine de toubabs, tout zoom sorti, supportant plus ou moins bien le corps à corps forcené des autochtones ; une paire de fesses les pousse, des seins enormes les renversent en arriere, des mains d’enfants s’agitent et touchent leur peau trop blanche, des cris percent leurs tympans, la poussiere remplit leurs yeux, mais le spectacle en vaut la peine.

11fete des masques, Bobo Dioulasso, B.png (800289 octets)

 

Enfin, les danseurs surgissent de toute part et entrent dans le cercle grouillant. Ils sont entièrement camoufles par des habits de feuilles vertes, de racines fines et tortueuses ou de rafias emmeles. On ne distingue rien de leurs corps, à peine leurs yeux. Ils sont mieux saussissones que des jesus lyonnais ! Au son des griots qui jouent tamtam, balafon et flute stridente, les danseurs masques, chacun leur tour, posent leur posterieur sur les genoux ancestraux et respectes, puis ils s’elancent sur la piste en multiples saut perilleux, flips et saltos. Ils tapent du pied, remuent la terre rouge et parfois même s’ecroulent sur le public. Ils s’enivrent de sauts et de rythmes frappes et certains jeunes sont là pour les arrêter en leur sautant dessus et en leur tenant fermement la tête. Sans quoi, emportes par leur transe, ils ne s’arreteraient plus et risqueraient l’accident pour eux ou pour les autres.

C’est dans cette liesse traditionnelle et hysterie collective que Plume, Safran, Stéphane et moi, des crampes à chaque articulation, restons bouche bee et repartons bientôt sans y avoir compris grand-chose.

 

11Plume gondolière, Mare aux hippos, B Faso.jpg (67011 octets)  11Steph gondolier, Mare aux hippos, Burkina Faso.jpg (62573 octets)

11 jours plus tard, nous quittons Bobo et nous dirigeons vers Banfora. Nous visitons encore une mare aux hippopotames - bien moins belle et interessante que celle de Satiri -, les pics de Sindou et cherchons vainement les chutes de Tourny : un barrage a ete cree et les chutes ne sont là qu’en hivernage. Nous continuons la boucle de la piste et nous arretons dormir en brousse dans un champ d’arbres de taille moyenne que nous prenions pour de petits mangiers. Nous y rencontrons, le matin, un forgeron qui rentrait de son champ et qui nous apprend que nous avons dormi dans une plantation d’Anacar. C'est le nom qu’ils donnent ici à l’arbre donnant les noix de cajou. C’est la pleine saison. Voilà pourquoi on en trouve partout. Nous en faisons des ventrees depuis Bobo, car nous adorons çà et en France ç’est presque un luxe. Le forgeron nous vend quelques outils, dont un joli tout petit couteau que Safran se paye avec ses sous. Nous decidons de retourner avec lui 4 km en arrière pour visiter sa forge. Au milieu du village de cases, Traoré a installé sous un treillis tres bas son atelier. Il s’assied par terre, en tailleur et rassemble quelques petits bouts de charbon. Il les place devant un pot de terre à deux trous. Par le gros entre l’air soufflé par un mecanisme de pot d’echappement recycle, relie à une roue de bicyclette actionnee manuellement. Par le petit trou, sort un mince filet d’air pince qui ravive la flamme aussitôt. Il y place la hâche qu’il vient de vendre à Stephane et se met à taper le fer ainsi rougit. Il l’aiguise en martelant le fil avec un gros marteau jusqu’à ce que le tranchant se plante sans peine dans une bonne bûche et enfin, il trempe la lame dans une vieille boîte de conserve de tomates remplie d’eau. Nous observons son travail pendant de longues minutes. Puis ils nous offre trois grosse papayes. Je lui propose de soigner le pied de son petit garçon de 5 ans. Il est ravi mais le petit hurle et se tortillle tellement que bientôt la crème antibiotique et le pansement sont jetes aux chevres qui s’en delectent ! Advienne que pourra de son orteil déjà bien abîme… Bon echange en tout cas et partage d’un excellent moment.

11Pin up aux Dômes de Banfora, B Faso.jpg (83319 octets)

Arrives enfin aux fameuses cascades de Banfora, nous pouvons nous baigner tout notre saoul. Des heures dans cette eau tres fraiche et vive ! Il n’y a ici aucun risque de bilharziose. Nous y passons deux jours dont le soir du 31. Nous sommes tous les quatre dans le Tipee avec un repas de fête : apero Rhum et sirop naturel de gingembre, jus d’ananas pour les enfants, olives noires et cajous, puis une boite de gesiers confits, la derniere conserve venant de France, avec du riz. Mangues et papayes au dessert.

La poule Nwagua nous accompagne toujours, libre maintenant mais gardant juste un fil à la patte ce qui est plus simple pour l’attraper. Elle est tapie sagement dans son seau quand nous roulons puis reste dans un rayon d’une dizaine de metres autour du Tipee aux différents arrêts. En revanche, le soir du 24, perchée sur un arbre à cote du maquis ou se trouvait la fête de noel, elle s’est mise à caqueter. Plume qui etait de passage dans le camion, l’a entendue et a rattraper in extremis un gars qui partait avec la poulette sous le bras. Plume etait scandalisee !

 

 11Pecheur, Burkina Faso.jpg (70853 octets) 11Sidiki et plume sifflent, Burkina Faso.jpg (78282 octets)

 

 

  11reveillon du 31, Burkina Faso 001.jpg (69996 octets)

 

SAFRAN a la parole

La mine d’or

C’est un endroit où il y a d’anciens trous d’au moins quarante mètres de profondeur. Il y a des burkinabés qui travaillent au fond avec des tamis et des tapis. Ils font couler l’eau sur ces tapis. Les cailloux qui brillent et qui flottent sont de l’or : dans les années 80, il y avait un gisement mais maintenant, il reste presque plus d’or. Les locaux essaient de trouver quelques pépites, mais ils ne se font payer presque rien. Nous pouvons nous balader tous seuls à l’intérieur en faisant attention à ne pas tomber dans les trous.

Safran, le 7 décembre 2005

 

BOULANGER DANS UN VILLAGE BURKINABE

Tout d'abord, le boulanger travaille dans une maisonnette. Il y a la place de mettre au moins 80 courtes baguettes. Le métier se pratique de père en
fils aîné. Alors il a le coup de main parce qu'il regardait son père tout le temps. Il modèle de petites boules pour les transformer en baguettes qui
prennent la forme d'un os. Ensuite, il fend de son couteau la pâte, bouge les braises du four en terre et y place ses baguettes sur de la tôle ondulée. Pendant ce temps, le tailleur profite du charbon chaud pour son fer à repasser rouillé. En même temps que les baguettes cuisent, le boulanger prépare une autre fournée.