TOMBOUCTOU
Nous venons d'arriver à Tombouctou qui nous plait pas mal. Surtout la
piste pour y arriver venant de Gossi et passant par Gourma Rharous qui longe le niger.
La connexion est extremement lente ici mais nous resterons sans doute 2-3 jours.
La question pour nous est que nous n'avons pas pu avoir de visa mauritanien à Ouaga car
ils n'avaient pas de représentation diplomatique et comme nous
n'avons pas envie de repasser par Bamako nous aimerions faire faire le visa directement à
la frontière mais nous ne savons pas à laquelle ce sera le plus simple. On dit ici qu'il
le donne quand ca leur chante.
Tout d'abord un texte à l'initiative de Plume sur les cauris car elle les adore.
LE CAURIS
Ce cauris est un coquillage blanc. Il peut avoir toutes les tailles. En Afrique, le cauris
est considéré comme quelque chose de précieux et de magique. Il sert à se parer ou à
faire des bijoux comme il sert à lire l'avenir (en Mauritanie et au Mali surtout). Il y a
très longtemps, ces petits coquillages blancs servaient de monnaie pour acheter les
esclaves. Ce marché se faisait entre les noirs.Aujourd'hui, ils sont surtout utilisés
comme motif pour les vêtements ou vendus aux touristes sous n'importe quelle forme.

Plume des Pallières
le 20 février 2006
maintenant un texte dePascale avec quelques photos

UNE HALTE EN CE2 CM2
Nous avons traversé le Togo dans sa largeur (~100 kms) un peu trop rapidement à notre
goût. Nous avions vu entre autre, près du mont Kloto (~ 900 m alt), dans une forêt type
équatoriale très humide, verte, et pleine d'arbres immenses un superbe caméléon et de
nombreux papillons merveilleux. Nous aurions voulu y rester un peu plus et marcher dans
cette espace frais et dépaysant mais notre trajet était guidé par le terme de notre
visa burkinabé. Il périmait le 26 février. Nous sommes donc arrivés au Bénin par
Alpahoué et nous avons garé le Tipee près d'un village inconnu de la carte et du GPS :
Aflantan. Après une courte visite au délégué du village nous avons décidé, invités
par un jeune Moïse, de rendre visite à l'école le lendemain matin.
A 8 heures, nous nous approchons donc du bâtiment, nos cahiers sous le bras. Nous faisons
la connaissance de deux professeurs et voyons arriver le
directeur sur une petite moto avec deux enfants derrière lui d'environ 10 et 12 ans. Ce
sont deux de ses fils. Il nous reçoit dans son bureau fraîchement
balayé le quart d'heure d'avant. Nous sommes donc dans un nuage de poussière latente et
nous nous présentons en grande pompe. Le voyage de France,
l'école dans le camion, l'envie de connaître les classes au Bénin. Dix minutes plus
tard, nous sommes respectivement assis Safran et moi en classe de CE2 et Stéphane et
Plume sur les bancs du CM2, classe dirigée par le directeur. Les classes sont
disséminées dans tout le village sur un rayon de 1 000 m2 environ. Or il n'y a qu'une
grande règle et qu'un grand rapporteur à tableau noir pour tout le monde donc c'est un
va et vient d'enfants qui empruntent et rapportent et réempruntent le matériel d'une
classe à l'autre. Idem, les enfants entre eux, car ils n'ont souvent qu'une calculette ou
qu'un compas par famille.
En CE2, où nous sommes, les plus jeunes ont environ 9 ans et les plus vieux sont souvent
parfois déjà adolescents. Le prof n'est malheureusement pas très pédagogue, il use
beaucoup de sa badine et il a une façon bien à lui d'expliquer certains mots difficiles
d'un texte. C'est ainsi que Safran a pu apprendre qu'un aïeul est un ennemi et qu'un
enclos est une grande poêle pour cuire les repas. Safran me jette un oeil interrogatif et
un peu soucieux. Nous décidons à la pause de changer de classe. Les femmes du village
distribuent pendant cette pause, moyennant une micro finance, un petit encas aux
écoliers.

Donc, 15 minutes plus tard, nous rejoignons le CM2. Le directeur est pour le coup, lui,
très pédagogue. Il est positif et a l'air heureux d'exercer sa profession. Plume est
chargée de corriger un exercice de géométrie au tableau, nous étudions ensuite « Le
laboureur et ses enfants » et nous finissons avec une leçon de mathématiques. A la fin
de la matinée, nous remettons des livres d'histoires illustrées pour enfants car il n'y
a bien sûr aucune sorte de bibliothèque et quelques feutres et crayons de couleur. Nous
faisons une photo de classe et échangeons les adresses pour une éventuelle
correspondance avec les élèves.

Le directeur nous raccompagne au Tipee et sur le chemin il nous amène, dans un coin de
brousse d'où sort une musique et des cris assourdissants. Sous un
grand arbre à palabres, des dizaines de femmes sont réunies. Elles chantent et dansent.
Elles sont entre elles avec leurs bébés qu'elles posent parfois
endormis sur un lit de palmes vertes juste cueillies. Seul un homme les accompagne d'un
djumbé immense. Ce sont elles qui animent les cérémonies
éventuelles dans le village et là, c'est comme une répétition et un prétexte aussi
pour s'amuser, je suppose.

Plume et moi répondons à leur invitation d'aller danser dans le cercle. Elles nous
applaudissent en riant puis le directeur nous fait signe de partir. Nous nous serrons la
main au Tipee et filons.