Petites séquelles de pistes africaines

 

Quand le manche s’échappe, la situation devient cocasse.

Nous voilà sur l’autoroute du Nord-ouest de l’Espagne mangeant les kilomètres, sans arrêt, pour rejoindre la frontière basque. Depuis que nous sommes en Europe, les enfants trouvent beaucoup moins de distractions à rouler plusieurs heures par jour et à regarder la route par la fenêtre. Ils nous ont donc réclamé de voyager de nuit après le dîner. Ils raffolent s’installer au soleil couchant dans leur couchette pour se réveiller au petit matin en découvrant un endroit inconnu.

Nous roulons donc de nuit, depuis un bon bout de temps, quand tout à coup, le levier de vitesse se fait la malle. Lorsque Stéphane, dans le noir, fait machinalement le geste de changement de vitesse, l’étonnement est à son comble. Sa main droite balaye l’air désespérément, sans rien atteindre. Plus aucun manche ! Le voilà parti sans prévenir sous la moquette du Tipee, traversant même le châssis, et se cachant au plus bas. Seul, la petite boule dépasse du sol…

La rotule du bas du levier s’est désolidarisée de son habitacle. Nous étions à ce moment sur l’autoroute en quatrième et décidons de ne plus toucher au levier et de nous arrêter sur une station service en laissant filer l’allure. Les routiers qui y séjournent nous passeront peut-être un coup de main. Malheureusement, une côte nous sépare de la prochaine halte. Le Tipee rame un peu en 4ème mais parvient au sommet puis reprend de la vitesse dans la descente. Enfin, nous apercevons la station et venons nous y glisser subtilement et nous arrêtons non loin des grands frères 10 et 20 tonnes.

En fait tout le monde dort déjà. Et Stéphane à la lampe électrique passe sous le Mamasso pour finalement conclure qu’on ne peut pas faire grand-chose maintenant.

Le lendemain, il s’adapte donc à une nouvelle conduite. En petite vitesse, le levier ré emboîté fonctionne jusqu’à la troisième et dès qu’on passe la 4ème et la 5ème il faut grâce à une ficelle entourée au sommet de la boule du levier et passer deux fois autour de la barre de maintien du tableau de bord soutenir le manche. C’est une délicate adéquation entre le chauffeur et le copilote qui tient l’extrémité de la corde.

Décidément, le Tipee ne va pas voler son contrôle technique du mois de juillet. Il a une fuite de gas-oil, le manche qui se ballade, et il y a deux jours après moult coups de klaxon et appels de phare de nuit, nous nous sommes rendu compte que nous n’avions plus de feux stop ni éclairage de plaque d’immatriculation à l’arrière !

Nous ne roulons donc plus de nuit.

Voici les dernières aventures du Tipee quant à nous, nous remontons lentement notre douce France si verte, ombragée et irriguée, vers la Bretagne et la Normandie. Les aventures se font rares, nous rendons visite à des amis et à des membres de nos familles que nous ne voyons que très rarement. Le site se tarit progressivement de récits, car le rythme cadencé " Africa " fait place à cette si délicieuse berceuse " Douce France ".

En tout cas, nous remercions tous les amis et tous les membres de nos familles respectives qui nous ont suivis sur Intertp3 et nous avons hâte de vous revoir tous afin de vous raconter les petites anecdotes que nous n’avons pas écrites. Heureusement, il nous en reste encore quelques-unes inédites, sous le coude, à partager avec vous.

Stéphane et Pascale.

Plume et Safran

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37On va pouvoir trinquer, valee du Douro, Portugal.jpg (109350 octets)

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37Un voyage diabolique, Sintra 2, Portugal.jpg (93950 octets)

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