DJENNE -  MOPTI

 

Voici une anecdote sur la façon dont nous nous nourrissons:

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NOS REPAS MAMASSO

Existe-t-il un endroit plus convivial pour faire un bon repas que le Tipee
Mamasso ?

Après souvent plusieurs heures de route, l'arrêt vers 19h00 s'impose. Il
fait alors une douce température de 25° - au mieux, car nous avons eu aussi
des 35° à cette heure tardive, en Mauritanie par exemple - puis il faut
ajouter une dizaine de degrés dégagés par le moteur qui est à l'intérieur du
véhicule et qui a vrombit longtemps, enfin une fois la cocotte minute mise
en route pour un quart d'heure, l'ambiance augmente encore de 4 ou 5 degrés.
Nous nous mettons à table sous les tropiques avec 40° !

Généralement, nous faisons une salade après avoir bien lavé et séché tomates
et concombres. Nous ajoutons un petit oignon cru et un filet d'olive ou
malheureusement de palme, l'entrée est faite.
Au Maroc, un semblant de tagine à la cocotte accompagne l'éternelle graine
de couscous. En Mauritanie, les légumes et les fruits étant plus rares, on
tape rapidement dans nos réserves de pâtes et sardines à  l'huile. Le grand
luxe consiste à se partager une boîte de « vache qui rit » 8 portions quand
on en trouve. Le dessert depuis le Mali est extra : ananas juteux, bananes
mûres à souhait, goyaves et papayes sucrées, pastèques rafraîchissantes et
oranges à gogo.

Les petits déjeuners sont très diversifiés. Au Maroc, pain local « krabs »
trempé dans l'huile d'olives et quelques zitounes* noires. Le tout arrosé de
café et thé à la menthe. En Mauritanie, une part de pain souvent mal cuit et
du thé vert ou un des nombreux thés restant encore de nos placards
montpelliérains. Au Mali, tous les fruits cités plus haut et rarement, un
peu de lait car c'est une denrée que l'on paye très cher. En période de
crise, (voir notre arrivée au Mali) privés de gaz et de ravitaillement, nous
avons « dégusté » un bol de riz et de lentilles ou de pois cassés cuits au
feu de bois avec un peu de café et thé.

Notre boisson dans la journée, environ 7 à 10 litres pour nous quatre, varie
de l'eau chaude, au bissap* à la décoction de gingembre frais plus jus de
citron. Dans le désert, nous mouillions des sacs de tissus faits maison
enveloppant nos bouteilles de plastiques afin de maintenir les boissons à
20° ce qui nous paraissait extrêmement rafraîchissant. Il suffisait qu'en
roulant, je les tienne par la main, à la fenêtre, et l'air filtré par le
tissu trempé faisait son effet réfrigérant.
Notre absence de frigo n'est donc pas un problème car nous achetons les
vivres pratiquement chaque jour, et ne gardons rien de la veille pour le
lendemain.

La viande est rare car souvent cachée sous un tapis de mouches et guère
appétissante. Le poisson est quasiment toujours séché et vendu sur les bords
de rues et de routes polluées ou empoussiérées. La Mauritanie, au banc
d'Argain, fut un régal pour ça car le poisson souvent offert par les
pêcheurs était d'une grande fraîcheur et d'une chair exquise. Les soles de
Plage Blanche étaient pas mal non plus !

Enfin, les restos se comptent sur les doigts de la main, budget annuel
oblige !

Ce qui nous manque le plus, c'est sans doute le petit carré de beurre
matinal et celui de chocolat à 4 heures !

Bon appétit et pensez à nous à Noël.


Zitounes : olives en arabe
Bissap : décoction sucrée froide ou chaude de fleurs séchées d'hibiscus rouge

 

Bamako-Mopti

Nous quittons Bamako le 19 novembre. Nous y serons restés 11 jours ! Nous
avons séjourné tout ce temps à la mission libanaise. Ancienne mission
catholique, tenue par le père Francis, libanais, décédé l'année dernière,
l'endroit n'a plus grand-chose d'un lieu religieux. Le responsable actuel,
Georges, qui est le neveu du prêtre a lui-même un véritable hôtel ailleurs
dans la ville et gère la mission afin qu'elle reste un lieu de rencontres «
routards ». Au fond d'un grand jardin un peu à l'abandon, il y a une douche
sans beaucoup de pression, 2 toilettes, un large lavoir, quelques chambres
solo et un grand dortoir avec moustiquaires. Nous avons garé le Tipee calé
contre un grand mur pour avoir le maximum d'ombre et nous dormons dedans,
nous tenons tout de même à notre petit confort.
Il y a aussi une sorte de grand préau avec un bar décatit et une petite
télévision couleur. Toute une enfilade de fauteuils et de tables basses
permettent à tous les voyageurs de manger ensemble et d'échanger leurs
aventures et tuyaux. Les moustiques hyper nombreux à Bamako s'invitent
chaque nuit tombée. Chacun sort son tortillon, sa bombe, sa crème et ses
jurons. Cela permet aussi à certains de penser à prendre leur prophylaxie
anti palu ! Pour notre part, en plus de nos pilules de quinine, nous avons
fait l'achat d'une superbe moustiquaire imprégnée triple place pour la
modique somme de 8euros. Celle que j'avais prévue était finalement peu
adaptée.
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Nous avons passé d'excellents moments dans cet endroit. Nous y avons
rencontré Georges Bouche, (je ne devrais pas citer son nom mais il est
tellement d'actualité !) revendeur de vieilles voitures pour se payer le
billet de retour, solitaire, qui mange accroupi près de son butagaz et dort
dans sa Mercédes. Ce jeune homme a 72 ans !
Daniel et Juliane, saisonniers dans la cueillette des fruits, qui voyagent
les 5 mois restant de l'année, sont partis à la dernière minute pour
l'Afrique. Ils sont enchantés par le Mali et comptent y rester 2 mois avant
de remonter dans leur estafette aménagée.
Marie, Benoît, Bart et Kevin, 22 ans, quatre copains  d'études, lookés
«locks et jumbés », sillonnent l'Afrique de l'Ouest avec le projet initial
de passer un mois et demi dans un orphelinat du Burkina Faso. Ils sont tous
licenciés en animation auprès des populations avec  handicaps multiples et
vont s'occuper là-bas d'égayer un peu les petits et pourquoi pas les initier
aux échasses ou jongleries en tout genre.
Plume et Safran ont été enchantés de toutes ces rencontres. Ils ont appris
plusieurs rythmes de jumbés, chatouillés un peu la guitare et Plume s'est
régalée de jongler avec les balles lumineuses de Marie.
Il y avait aussi un couple de néo-zélandais que Daniel et Juliane avaient
récupéré juste au moment de leur accident de moto sur la piste de
Nioro-Bamako. (cf. texte de Safran)

A Bamako, nous sommes allés plusieurs fois au CCF, Centre Culturel Français,
voir des spectacles de danse et écouter des concerts maliens. Stéphane y a
même rencontré au grand étonnement des deux, un ancien membre Jeune Chambre
Economique (JCE) d'Alès qui fait des reportages photos régulièrement au
Mali.

Notre rencontre  avec Baba Diawara, président JCE du Mali a aboutit à des
contacts sur Mopti où nous nous dirigeons maintenant afin de donner notre
fameuse caisse de médicaments.

Sur la route, nous nous arrêtons dans un lieu qui est à deux heures de piste
du goudron principal. La connaissance fortuite de dernière minute par le
guide du routard et au même moment, la vue de la pancarte directionnelle de
cet endroit nous donne vraiment envie de rouler encore quelques temps pour
atteindre ce qui est décrit comme le Paradis du Mali. Réellement, l'effet
est saisissant ! Sur la rive du Bani, confluent du fleuve Niger, une forêt
d'eucalyptus encadre un petit complexe hôtelier simple fait de quelques
cases peintes au milieu d'une oasis de vergers et de potagers*.
Nous y restons une nuit, dormant toujours dans notre camion mais profitant,
assourdis par une multitude d'oiseaux, de la très belle piscine,
complètement inespérée en plein Sahel !

* Je laisse le soin à Plume de décrire le projet, son origine et le
personnage qui en a eu l'initiative dans un plan ci-dessous.


MOPTI

Enfin, nous voilà à Mopti ! Notre contact, le docteur Konipo, pharmacien,
nous accueille fort bien et nous prête une maison excentrée où nous pouvons
prendre des douches et pour la première fois brancher notre ordinateur. Ceci
est fort appréciable car nous ne sommes donc plus limités dans le temps
comme dans le tipee en raison de l'usure des batteries.
Ce matin, après une longue visite du Village SOS Enfants* de Mopti où nos
médicaments vont être donnés, nous visitons Mopti et partons ce soir pour
Djenné. Visite de la ville mercredi et jeudi remise de façon très officielle
les médicaments à l'association.

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SOS Villages d'enfants

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Plan présentant le projet TERIYA BUGU (le Village de l'Amitié)
Réalisé par Plume 12 ans

Le personnage



-     Père Verspieren, père blanc
- Famille aisée du Nord de la France
- 1950, il s'installe commence le projet.
- Décédé en 2003 à 79 ans
- Projet confié à un malien, compagnon depuis l'origine de la mission.


Un grand projet pour lutter contre la désertification du Sahel

- une oasis en pleine brousse
- une ferme modèle
- un véritable village
- un centre d'utilisation des énergies renouvelables avec implantation de
plus de 50 pompes à eau dans plusieurs villages vivant au bord du fleuve
- un centre touristique de grande qualité dans un cadre naturel magnifique


Utilisation des énergies renouvelables

- les plaques solaires (1977) :   - 300 jours ensoleillés par an
- énergies pour action des pompes à eau prise du
   Confluant du Niger, le Bani pour faire des irrigations
- l'énergie biogaz : fermentation de paille et de bouse de vaches qui dégage
du méthane (gaz) énergie servant à actionner une grosse pompe à eau et un
groupe électrogène.

Une oasis

- plantations de fruits et légumes (mandarines, oranges, goyaves, mangues,
pamplemousses, papayes, fruits exotiques et fruits occidentaux, salades,
tomates, asperges, pommes de terre, patates douces, carottes, oignons.)
- plus de 200 000 eucalyptus (anti nuages de sauterelles car sa feuille est
immangeable par celles-ci)
- greffes

Une ferme

- élevage de bétail
- élevage de lapins
- élevage de poules, canards, oies, paons.
- pisciculture
- apiculture

Un village

- une école
- un dispensaire
- une bibliothèque
- des cases
- et plus de 500 villageois vivant sur place.


Un centre touristique

- hôtel (chambres dans des cases avec douche et toilettes)
- bar avec loisirs (échecs, abalone, dames, badminton, football etc)
- piscine
- animaux à observer (caïmans, boas, gazelles, tortues, singes.)

Projet solidaire

- l'argent gagné de la vente des poissons ou de fruits et légumes revient
aux villageois directement
- formation des villageois pour les autonomiser

Aide financière

- entreprises françaises
- la propre fortune du père et de sa famille
- donateurs privés
- gouvernement malien


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La mission catholique libanaise à Bamako, Mali

Salut.
Je suis toujours au même endroit dans une mission catholique. Il y a des
jeunes qui sont arrivés dans la nuit très tard. Le lendemain, on a discuté
et sympathisé avec 4 jeunes qui s'appelaient Marie, Quentin (Bart), Bruno et
Kevin et avec un couple, Juliane et Daniel. Ces derniers nous ont raconté
qu'ils avaient emmené un couple d'anglais qui étaient sur leur moto. Comme
sur la piste de Nioro à Bamako, il y a de la tôle ondulée, leur roue a crevé
et ils sont tombés. L'homme s'est cassé la clavicule, sa femme a eu la
chance de s'être juste égratigné le coude. Ils les ont vite emmenés à
l'hôpital le plus proche. Ils ont donc fait demi-tour. Ils ont chargé la
moto sur un camion de passage. Arrivés à l'hôpital, ils ont fait les soins
et on leur a donné un bâton en guise de béquille. Après, ils sont repartis
en pensant à la moto. Ils avaient peur de la perdre car ils n'avaient même
pas noté le numéro d'immatriculation du camion. Par chance, ils l'ont vu
garé dans la ville. Ils ont donc pu récupérer la moto en bon état, sans
souci. Quand ils sont arrivés à Bamako, les 4 jeunes s'occupèrent du malade
et Juliane et Daniel allèrent chercher un endroit pour dormir. Voilà
pourquoi ils sont arrivés tard.
Nous avons passé quelques jours avec eux.

Hier soir, nous avons vu les gens à qui nous devions donner des médicaments
pour le Mali. Ils nous ont invités à un bar extérieur qui s'appelait le
Robinet. J'ai trop bu de Fanta, je suis allé donc dégueuler pas loin du
robinet et je suis revenu. Mes parents ont discuté et nous allés Plume et
moi regarder la télé du bar. Ensuite, nous sommes rentrés. Le soir suivant,
nous sommes allés chez le président JCE du Mali (Jeune Chambre Economique)
pour le don de médicaments. Il était déjà venu chez nous à Montpellier avant
notre départ. D'autres membres jeune chambre étaient là et nous avons dîné
chez lui, dans une grande maison. Il y avait toute sa famille. Je me suis
amusé avec les petits. Nous avons fait des photos. Ils nous ont raccompagnés
à la mission catho.


Safran le 20 novembre 2005
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Djenné :

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Nous arrivons sur la place de Djenné, qui est mondialement connue pour sa mosquée sainte et pour sa ville ancienne. Nous petit déjeunons, puis nous décidons d’aller visiter. Un enfant arrive, il nous explique des choses. Son nom est Salif. Nous nous promenons longtemps, jusqu’à midi. A chaque fois que des enfants nous voient, ils disent " Toubabou, toubabou ", qui signifie "petit blanc". Nous cherchons un endroit où manger. Nous nous arrêtons dans un petit restaurant. Je commande du riz et une sauce, avec du mouton. Avant de repartir, nous jouons avec Salif au jeu des cauris(1). Tout d’un coup, il y a un policier de la brigade touristique qui arrive, et qui dit " Ne donnez pas de cadeau à l’enfant ". Salif se lève. Le policier insiste "Ce garçon-là suit les touristes pour avoir des cadeaux. Il fait semblant d’être guide à la place d’aller à l’école. Il faut qu’il aille à l’école". Mon père répond : " Salif nous a dit qu’il commençait l’école à 14 heures parce qu’il y a deux groupes : un le matin et un l’après midi ". Sinon, ils seraient plus d’une centaine par classe(2). Aujourd’hui, il devait être dans le groupe de l’après-midi. Mon père affirme que nous allons l’accompagner à l’école, quand cela sera l’heure. Nous allons donc voir le directeur pour lui expliquer tout. En effet, Salif aurait dû aller à l’école ce matin. Nous annonçons au directeur que nous ramènerons des livres et des crayons pour la classe de Salif, pour les encourager à aller à l’école. Aussitôt dit, aussitôt fait : nous amenons les livres. Une fois dans la cour de l’école, tous les enfants tendaient leur main, pensant qu’on allait leur donner un livre à chacun. Ils se précipitent comme des fous. Le professeur leur explique que ces livres iront à la bibliothèque de l’école à la disposition de tous. Le tour est joué.

  1. Cauris : petits coquillages, qui ressemblent à nos porcelaines françaises.
  2. Ils n’ont pas assez de professeurs et de salles de classe.

 

 

 

Safran, le 24 novembre 2005